RESOLUTION FINALE DU
4ème CONGRES ORDINAIRE DE LA C.G.T.B
Sur convocation du Comité Confédéral National
(CCN), le 4ème Congrès Ordinaire de la CGT-B s'est
tenu les 05, 06, 07 et 08 septembre 2001 à la Bourse du Travail
de Ouagadougou sur le thème suivant :
" Face à l'exploitation effrénée de
la classe ouvrière et des travailleurs par le système
capitaliste, marquée par :
- le renforcement du pillage de nos Etats par l'impérialisme
à travers la mondialisation de l'économie libérale,
le PAS, instrument d'une politique antisociale , antinationale ;
- le développement de la culture de l'impunité des
crimes de sang et des crimes économiques ; la liquidation
des libertés démocratiques ;
Renforçons les capacités politiques et organisationnelles
de la CGT-B et de ses structures l'unité d'action au plan
national et international, pour des luttes plus efficaces contre
l'impunité , contre la liquidation des acquis sociaux des
travailleurs et pour une démocratie véritable
".
Ce 4ème Congrès ordinaire a connu la participation
d'environ 300 délégués dont 217 représentant
les structures suivantes :
- 11 syndicats professionnels à savoir la Fédération
Nationale des Boulangers et Pâtissiers du Burkina (FNBP-B),
le Syndicat National des Agents des Impôts et des Domaines(SNAID),
le Syndicat National des Travailleurs de l'Agriculture (SYNATRAG),
le Syndicat National des travailleurs des Brasseries (SYNTB), le
Syndicat National des Travailleurs de l'Education et de la Recherche
(SYNTER), le Syndicat National des Travailleurs de l'Environnement
, du Tourisme et de l'Hôtellerie (SYNTETH), le Syndicat des
Travailleurs de la Géologie , des Mines et de Hydrocarbures
(SYNTRAGMIH), le Syndicat National des Travailleurs de la Planification
et de la Coopération (SYNTPC ), le Syndicat des Travailleurs
des Travaux Publics, du Bâtiment, de l'Hydraulique et Assimilés
(SYTTPBHA), le Syndicat des Travailleurs de la Santé Humaine
et Animale ( SYNTSHA) et le Syndicat National des Travailleurs du
Textile (SYNTTEX).
- 20 structures provinciales du BAM, du BOULGOU, du BOULKIEMDE,
de la COMOE, du GANZOURGOU, du GOURMA, du HOUET, du KADIOGO, du
KOURITENGA, du KOURWEOGO, du LOROUM, du MOUHOUN, du NAHOURI, de
l'OUDALAN, du SANMATENGA, du SENO, de la SISSILI, du SOUM, du YATENGA
et du ZOUNDWEOGO.
- la Direction Générale de l'Ecole Démocratique
et Populaire (EDP), et la Commission de Contrôle. Ont également
pris part au congrès, les syndicats autonomes membres du
collectif CGT-B en l'occurrence le Syndicat des Agents du Trésor
du Burkina(SATB), le Syndicat Burkinabè des Gérants
de Parking(SBGP), le Syndicat National des Travailleurs de l'Action
Sociale (SYNTAS), le Syndicat National des Travailleurs de l'Education
de Base (SYNATEB) et le Syndicat Autonome des Travailleurs de l'Information
et de la Culture (SYNATIC).
Au titre des délégations étrangères,
le congrès a enregistré la participation :
- de la Confédération Générale du Travail
(France) ,
- de l' Union Locale de la CGT/Massy (région parisienne)
,
- de l'Entente Internationale des Travailleurs et des Peuples,
- et des Centrales syndicales de la sous région à
savoir :
- la Confédération Syndicale des Travailleurs du Bénin,
- l'Union Générale des Travailleurs du Niger,
- l'Union Syndicale des Travailleurs du Niger,
- le Parti des Travailleurs du Togo,
- le Syndicat National du Secteur de l'Energie et du Gaz (Côte
d'Ivoire)
- l'Union Nationale des Syndicats Indépendants du Togo.
Par ailleurs, le congrès a reçu une quinzaine de
messages d'autres organisations internationales amies.
Ces organisations amies ont activement pris part au congrès
; leur présence et leurs diverses contributions ont été
particulièrement appréciées par les congressistes.
DU DEROULEMENT DES TRAVAUX
Les congressistes ont tout d'abord mis en place le bureau du congrès
et adopté le règlement intérieur de celui-ci.
Ils ont voté le rapport moral et d'activités ainsi
que le rapport financier du Comité Confédéral
National. Les délégations ont tenu à féliciter
le CCN pour sa gestion rigoureuse, courageuse et clairvoyante de
la Confédération au cours des trois années
écoulées dans un contexte mondial et national des
plus difficiles en s'en tenant scrupuleusement à l'orientation
révolutionnaire de la CGT-B.
Les congressistes se sont ensuite repartis en deux commissions
; l'une chargée de traiter du thème et l'autre des
questions internes.
A l'occasion des travaux en commissions comme des plénières,
les congressistes ont analysé la situation internationale,
africaine et nationale , la situation interne, procédé
à la relecture des textes fondamentaux et de la plate forme
revendicative de la Confédératon et adopté
plusieurs motions, résolutions et recommandations.
Analysant la situation internationale, africaine et nationale,
le congrès a traité les grandes questions suivantes
:
1. DE LA MONDIALISATION DE L'ÉCONOMIE LIBÉRALE
Abordant cette question le congrès note que de nos jours,
les termes et notions en vogue chez les économistes bourgeois
tels que mondialisation, globalisation, village planétaire
désignent en fait un phénomène qui caractérise
le système capitaliste depuis sa naissance et qui a pris
de l'ampleur ces dernières années à la faveur
de la disparition momentanée du système socialiste
. A travers ces nouveaux concepts, la bourgeoisie tente de justifier
l'imposition à toute la planète du système
capitaliste économique comme alternative susceptible de juguler
la crise structurelle dans laquelle il est plongé ces dernières
années, en s'appuyant fortement sur le capital financier,
les nouvelles technologies de l'information et sur divers traités
et conventions en vigueur( OMC , ALENA) .
Des accords sont en gestation notamment l'AMI (Accord Multilatéral
sur Investissement) à travers lequel le capital se propose
de " rédiger la constitution d'une économie globale
unique " et de faire en sorte qu'un pays donné avec
toutes ses lois et ses réglementations soient soumis à
tout investisseur signataire de ce traité. En clair, le capital
international veut codifier la domination et l'exploitation des
peuples. Et c'est au nom de cette mondialisation de l'économie
libérale qu'il faut comprendre la dynamisation des regroupements
comme l'ALENA, l 'Union Européenne, l'ASEAN et l'extension
de l'OTAN à l'Europe de l'Est.
Dans les pays en voie de développement, la mondialisation
vise purement et simplement à légaliser purement et
simplement le pillage des richesses du monde par les grandes puissances
à travers leurs multinationales. De ce point de vue elle
est bel et bien un complot sordide contre les travailleurs et les
peuples ; un complot de re-colonisation des pays pauvres.
2. DE LA MISE EN OEUVRE DES P.A.S ET SES CONSÉQUENCES
Concernant ce point, le congrès note que la mise en oeuvre
des P.A.S dans les pays sous développés qui se fait
essentiellement à travers des réformes politiques,
économiques, juridiques et institutionnelles conformes à
la philosophie de l'économie libérale vise à
accélérer l'ouverture de ces pays à la mondialisation
des économies. Ainsi :
- Au plan politique, la mise en place de régimes dits démocratiques
est présentée comme une exigence du P.A.S même
si dans le même temps on parle de démocratie à
l'africaine et de la nécessité pour l'Afrique d'aller
à son rythme ; de fait, les institutions républicaines
bourgeoises mises en place (les pouvoirs exécutif, législatif
et judiciaire) n'ont de séparation que le nom.
- Au plan économique, le désengagement de l'Etat
des secteurs productifs et sociaux consacre la prépondérance
du secteur privé considéré comme le moteur
de l'économie moderne ; d'où les restructurations
et privatisations sauvages qui entraînent la destruction d'une
part des forces productives à travers les licenciements massifs
et le chômage des jeunes et d'autre part des maigres tissus
industriels de nos pays.
- Au plan juridique, on constate la mise en place progressive d'un
arsenal de lois iniques et répressives visant les partis
politiques et la société civile (syndicats combatifs,
mouvement des droits de l'homme notamment). Entrent dans ce cadre
la loi 22/97/AN du 21 Octobre 1997 portant sur les réunions
et les manifestations sur la voie publique, les lois 10, 13 et 20/AN
d'Avril et de Mai 1998 portant Réforme Globale de l'Administration
Publique, le projet de loi portant réglementation du droit
de grève etc. De même, la révision du code des
investissements, du code minier, de la réorganisation agraire
et foncière font la part belle au capital étranger
et à ses alliés.
Au plan institutionnel, des mesures nouvelles consacrent la déréglementation
totale du travail, la précarisation de l'emploi, la remise
en cause des acquis économiques et sociaux des travailleurs,
de leur protection contre les licenciements abusifs, la liquidation
de leur cadre d'expression et de lutte, etc.
3. DE LA SITUATION NATIONALE
Abordant la situation nationale, le congrès retient que
celle-ci reste marquée particulièrement par :
1- La domination hégémonique de l'impérialisme
français se traduisant entre autres par les interventions
intempestives de l'ambassadeur Maurice PORTICHE dans les affaires
du pays.
2- le développement d'un vaste et puissant mouvement populaire
de lutte contre l'impunité et pour la conquête de la
liberté politique.
A ce sujet, le 4ème congrès a réaffirmé
avec force que la participation au Collectif des Organisations Démocratiques
de Masse et de Partis Politiques n'est nullement une alliance contre
nature. Cette unité d'action aussi bien au niveau du collectif
qu'avec les autres centrales syndicales, faite autour d'une plate-forme
d'action précise, constitue un facteur de renforcement de
notre organisation syndicale pour de luttes encore plus victorieuses.
3- l'aggravation de la crise politique, économique et sociale
qui tenaille notre pays avec l'application du Programme d'Ajustement
Structurel (PAS) et ses conséquences désastreuses
pour les travailleurs et notre peuple.
C'est dans le cadre de cette politique criminelle d'économie
libérale que s'inscrit le vote le 5 juillet 2001 par l'Assemblée
Nationale d'une loi portant autorisation de privatisation de 13
sociétés publiques à savoir CBMP, SONABEL,
ONEA, SONABHY, BUMIGEB, ONPF, ONBHA, SBF, CENATRIN, MEDIFA, CCVA,
HOTEL SIMAMNDE, HOTEL INDEPENDANCE. Il convient de noter que cette
3ème vague de privatisations s'opère dans une opacité
déconcertante.
Et comme si cela ne suffisait pas , à côté
de cette politique intérieure, le pouvoir de la 4ème
République mène une politique étrangère
dangereuse pour notre pays et notre peuple. Il est l'objet d'accusations
graves de plusieurs Etats et a été régulièrement
mis en cause dans les conflits au Liberia, en Sierra Leone et en
Angola. Ce qui met dans une insécurité collective
notre peuple dans ces différents Etats sus cités.
Face à cette offensive généralisée de
la bourgeoisie et de l'impérialisme contre la classe ouvrière
et les travailleurs, le congrès, après avoir mis en
exergue nos acquis et nos insuffisances, a insisté sur :
- la mise en place d'un programme formel de formation politique
et syndicale pour accompagner la gestion quotidienne de notre organisation
syndicale,
- le renforcement et la dynamisation de l'EDP,
- l'importante place de la presse et du journal " le Travail
",
- la nécessité de trouver des réponses à
la question des finances syndicales qui préservent l'indépendance
de notre organisation syndicale. A ce propos, un exposé sur
les mutuelles et coopératives de consommation a été
fait au congrès, enrichi par diverses expériences
du SNAID, de la section SYNATRAG de Koudougou et des organisations
amies.
Pour atteindre ces objectifs, les congressistes ont mis en exergue
toute l'importante et le rôle de l'élément conscient.
Pour contrer le regroupement de la bourgeoisie toutes tendances
confondues dans le cadre de la fameuse mondialisation de l'économie,
le congrès s'est appesanti particulièrement sur la
nécessité du renforcement de l'unité d'action
syndicale au plan aussi bien national que sous régional et
international.
Le congrès a en outre, procédé à la
relecture de la plate forme revendicative générale
de la CGT-B d'où a été extraite une plate forme
minimale.
Le Congrès a tenu à rendre un hommage mérité
au regretté camarade Aimé NIKIEMA représenté
par des membres de sa famille et au camarade Hubert YAMEOGO.
Ces deux(2) camarades, pour la place et le rôle qu'ils ont
joué dans l'histoire du mouvement syndical de notre pays
et dans l'édification de la CGT-B, ont reçu des distinctions
honorifiques. Cette brève cérémonie a été
un moment fort de grande émotion pour les congressistes et
les invités.
DES CONCLUSIONS DU CONGRES
Il a enfin procédé à l'élection d'un
nouveau Comité Confédéral National de 15 membres
dirigé par le Camarade Tolé SAGNON.
Le 4ème Congrès ordinaire de la CGT-B a pris fin
dans une ambiance d'engagement renouvelé à l'orientation
révolutionnaire de notre organisation syndicale pour des
luttes encore plus fermes et plus efficaces dans l'intérêt
des travailleuses et des travailleurs de notre pays.
Ouagadougou, le 8 Septembre 2001
Le congrès.
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