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Le 5è Congrès ordinaire tenu les 26, 27, 28 et 29 novembre 2006 à Ouagadougou. Nous vous en livrons la résolution finale et le texte sur la nouvel organigramme de notre Centrale syndicale.
LE Vè CONGRES ORDINAIRE Télécharger la résolution finale

RESOLUTION FINALE DU
5ème CONGRES ORDINAIRE DE LA C.G.T.B


Sur convocation du Comité Confédéral National (CCN), le 5ème Congrès Ordinaire de la CGT-B s'est tenu les 26, 27, 28 et 29 novembre 2006 à la Bourse du Travail de Ouagadougou sur le thème suivant :

" En capitalisant les acquis de deux décennies de vie et de luttes, renforçons les capacités politiques et organisationnelles de la CGT-B et de ses structures, l'unité d'action au plan national et international, pour des luttes plus efficaces contre la vie chère, contre l'impunité, contre la liquidation des acquis sociaux des travailleurs et pour une démocratie véritable au Burkina Faso dans le contexte international de la mondialisation ".

Ce 5ème Congrès ordinaire a connu la participation de 267 délégués dont 46 femmes représentant les structures suivantes :

- Onze syndicats professionnels à savoir la Fédération Nationale des Boulangers et Pâtissiers du Burkina (FNBP-B), le Syndicat National des Agents des Impôts et des Domaines(SNAID), le Syndicat National des Travailleurs de l'Agriculture (SYNATRAG), le Syndicat National des Travailleurs des Brasseries (SYNTB), le Syndicat National des Travailleurs de l'Education et de la Recherche (SYNTER), le Syndicat National des Travailleurs de l'Environnement, du Tourisme et de l'Hôtellerie (SYNTETH), le Syndicat des Travailleurs de la Géologie, des Mines et des Hydrocarbures (SYNTRAGMIH), le Syndicat National des Travailleurs de la Planification et de la Coopération (SYNTPC ), le Syndicat des Travailleurs des Travaux Publics, du Bâtiment, de l'Hydraulique et Assimilés (SYTTPBHA), le Syndicat des Travailleurs de la Santé Humaine et Animale ( SYNTSHA) et le Syndicat National des Travailleurs du Textile (SYNTTEX).

- 22 Unions Provinciales, notamment celles des Balé, du Bam, du Boulgou, du Boulkiemdé, de la Comoé, du Ganzourgou, de la Gnagna, du Gourma, du Houet, du Kadiogo, du Kouritenga, du Mouhoun, du Nahouri, du Nayala, de l'Oudalan, du Poni, du Sanguié, du Sanmatenga, du Séno, de la Sissili, du Soum, du Yatenga.

- la Direction Générale de l'Ecole Démocratique et Populaire (EDP), et la Commission de Contrôle.

- Ont également pris part au congrès, les syndicats autonomes membres du collectif CGT-B en l'occurrence le Syndicat National des Travailleurs de l'Action Sociale (SYNTAS), le Syndicat National des Travailleurs de l'Education de Base (SYNATEB) et le Syndicat Autonome des Travailleurs de l'Information et de la Culture (SYNATIC).

Au titre des délégations étrangères, le congrès a enregistré la participation pleine et active :

- de la Confédération Générale du Travail (France),
- de l'Union Locale de la CGT du Grésivaudan / France,
- de la Coordination des groupes de femmes Egalité,
- du Collectif de France Norbert ZONGO (COFANZO),
- de l'Entente Internationale des Travailleurs et des Peuples,
- de Centrales syndicales de la sous région à savoir :

" la Confédération Démocratique des Travailleurs du Niger (CDTN),
" la Confédération Syndicale des Travailleurs du Mali (CSTM),
" la Confédération des Syndicats Autonomes du Sénégal (CSA),
" la Confédération Générale des Travailleurs de la Côte-d'Ivoire (CGT-CI),
" l'Union Nationale des Syndicats Indépendants du Togo (UNSIT),

La cérémonie officielle d'ouverture du congrès, intervenue le 27 novembre a été rehaussée par la présence du le Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, Monsieur Jérôme BOUGMA. Elle a été marquée par de nombreux messages des organisations et partis politiques invités et par le discours d'ouverture du congrès.
Ces messages ont émané des organisations étrangères suscitées mais aussi:
- des centrales syndicales nationales (CNTB, CSB, FO/UNSL, ONSL, USTB) et des syndicats autonomes,
- du CODMPP, du Collectif CGT-B, de l'UGEB, de l'AESO, du MBDHP, de la FANIDHO, de Social Alert, de l'ODJ, de l'AJB, de l'Association des Retraités du Burkina…
- des partis politiques à savoir l'UNIR/MS, le PAI et du Groupe du 14-février.

Par ailleurs, le congrès a enregistré de nombreux messages non livrés provenant d'organisations nationales et internationales notamment de : l'Association Kébayina des Femmes du Burkina, du Manifeste pour la liberté, des syndicats et associations de France, d'Allemagne, de Suisse, de Belgique, du Canada et de Chine.

Dans son discours d'ouverture, le secrétaire général a salué la présence du Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, remercié les organisations amies venues soutenir la CGT-B, particulièrement les délégations des autres organisations syndicales du Burkina Faso, celles de France et de la sous-région et procédé à une analyse de la situation internationale, nationale et interne de la CGT-B.

DU DEROULEMENT DES TRAVAUX

Les congressistes ont tout d'abord mis en place le bureau du congrès et adopté le règlement intérieur de celui-ci. Le rapport moral et d'activités ainsi que le rapport financier présentés par le Comité Confédéral National sortant, ont été adoptés après avoir fait l'objet d'échanges. Le congrès a donné quitus au CCN qu'ils ont tenu à féliciter pour sa gestion rigoureuse, courageuse et clairvoyante de la Confédération au cours des cinq années écoulées dans un contexte mondial et national des plus difficiles en s'en tenant scrupuleusement à l'orientation révolutionnaire de la CGT-B.

Les congressistes se sont ensuite penchés sur le thème " Mondialisation et question de l'unité de luttes des travailleurs-Expérience de la lutte des ouvrières de la Gacilienne " dans le cadre d'une Journée Internationale. Ce fut un véritable moment de formation, d'expression concrète de la solidarité internationaliste. Les exposés et les échanges faits aussi bien par les délégations étrangères amies que par les congressistes ont mis en exergue la nature réelle de la mondialisation qui est l'expression du règne sans partage du système capitaliste. Les conséquences de cette domination capitaliste sont dramatiques pour tous les peuples du monde.

A l'occasion de cette journée, l'Union Provinciale CGT- B du Kadiogo et la "Coordination des groupes de femmes Egalité " sont revenus sur les conditions de travail inhumaines qui étaient faites aux travailleuses employées de la société Gacilienne filiale du Groupe français Yves Rocher. Ces échanges ont relevé le fait que les misères créées par le capitalisme n'ont pas de frontière. C'est pourquoi, les congressistes ont été unanimes à reconnaître et à réaffirmer que face à une telle situation, les voies à emprunter par les travailleurs et les peuples sont celles de la lutte et de la solidarité.

Puis les congressistes se sont repartis en deux commissions, l'une chargée de traiter du thème et l'autre des questions internes.


Tout au long des travaux en commissions et en plénières, les congressistes, avec la participation active et enrichissante des délégués des organisations invitées, ont procédé à une analyse sans complaisance de la situation internationale et nationale, la situation interne de la Confédération, procédé à la relecture des textes fondamentaux et de la plate forme revendicative de la Confédération et adopté plusieurs motions, résolutions et recommandations.

Analysant la situation internationale et nationale, le congrès a noté les faits majeurs suivants :

- Suite à la disparition momentannée du système socialiste, le capitalisme règne sans partage sur la planète, imposant partout dans le monde les principes du libéralisme. A ce propos, les débats ont fait ressortir que la mondialisation, souvent présentée comme un phénomène nouveau, n'est en fait que la continuation d'un vieux processus de développement et d'extension du système capitaliste ;

- Le continent africain, malgré les richesses dont il regorge, reste le continent de la misère, de l'analphabétisme, des épidémies, des endémies et des guerres. Cette situation catastrophique de l'Afrique est intimement liée à sa domination et à son exploitation par les pays impérialistes et les firmes internationales, domination qui va se perpétuer par les prétendus " Accords de Partenariat Economiques ", prévus pour entrer en vigueur en 2008 et qui portent les germes d'une détérioration encore plus poussée des économies des pays ACP.

Elle est aussi liée à l'absence de démocratie sur le continent avec des chefs d'Etat généralement illégitimes qui usent de tous les moyens pour se maintenir au pouvoir notamment par le tripatouillage des Constitutions, les fraudes électorales, les achats de conscience, la répression des opposants, la xénophobie, etc.

Faisant l'analyse de la situation nationale, le congrès a noté que :
- la crise multiforme que vit le pays depuis les assassinats cruels du journaliste Norbert ZONGO et de ses trois compagnons le 13 décembre 1998 persiste et s'approfondit ;

- l'organisation répétée d'élections dans le pays cache mal un verrouillage du système démocratique, et qui se traduit par une domination du CDP et de son chef Blaise COMPAORE, lesquels contrôlent tous les rouages de l'Etat à savoir l'Exécutif, le Parlement, l'Economie, la Justice et se sont aliénés les hiérarchies coutumières et religieuses ;

- Les privatisations des entreprises et services publics y compris les entreprises stratégiques comme l'ONATEL se poursuivent avec des conséquences dramatiques pour les travailleurs et le peuple;

- Les inégalités sociales se sont profondément accrues sous le régime de la 4ème république, avec d'un côté les dirigeants et leurs proches qui vivent dans le luxe et l'opulence et de l'autre l'immense majorité plongée dans la misère et l'ignorance ;

- la culture de l'impunité s'est développée, malgré les dénonciations des organisations démocratiques, de la presse indépendante et des partis d'opposition et a été récemment confirmée par le non - lieu accordé par le juge Wenceslas ILBOUDO à Marcel KAFANDO, unique inculpé dans le dossier de l'assassinat de Norbert ZONGO et de ses 3 compagnons ; ce non-lieu s'étend même à X, traduisant ainsi la volonté du pouvoir d'enterrer ledit dossier ;

- Les travailleurs et le peuple engagent des luttes fermes contre la vie chère, contre l'impunité et pour les libertés dans des cadres organisés comme le Collectif et l'unité d'action syndicale mais aussi de façon spontanée à l'exemple de la révolte victorieuse contre le port obligatoire du casque en septembre 2006.



Le Congrès a exprimé toute sa gratitude aux invités internationaux. L'amitié entre la CGT-B et ses différents partenaires a été marquée par des échanges fructueux et riches tout au long du congrès mais aussi par des cadeaux réciproques.

DES GRANDS ACTES DU CONGRES

Le Congrès, à la lumière de 18 ans de vie et d'expérience a dégagé de grands axes au plan organisationnel et politique en vue de mieux armer la Confédération pour des luttes plus efficaces contre la vie chère, contre l'impunité, contre la liquidation des acquis sociaux des travailleurs et pour une démocratie véritable au Burkina Faso. Dans ce sens, il a adopté un nouvel organigramme qui consacre une structuration en Unions Régionales (au nombre de 11) et en Unions Locales.

Le congrès a réactualisé la plate forme revendicative générale de la CGT-B, adopté des motions, des résolutions et des recommandations portant sur la lutte des travailleurs du Togo, la mobilisation des femmes travailleuses, la formation syndicale, la mise en œuvre du nouvel organigramme de la CGT-B, la mondialisation, l'unité d'action, le syndicalisme révolutionnaire de lutte de classes, les candidatures indépendantes et un appel sur la commémoration du 13 décembre 2006 ;

Le congrès a rendu un vibrant hommage à nos camarades disparus pour leurs actions en faveur de la défense des intérêts des travailleurs et des libertés. Cet hommage, animé par la chorale de la centrale, a été un moment d'intense émotion.

Bien entendu, le 5ème congrès a procédé à la mise en place d'un nouvel exécutif dénommé Bureau National Confédéral et composé de 17 membres.

Les travaux du 5ème Congrès ordinaire de la CGT-B ont pris fin le mercredi 29 novembre 2006 dans une ambiance d'engagement renouvelé de l'ensemble des délégués pour le renforcement politique et organisationnel de la confédération en vue de luttes encore plus fermes et plus efficaces dans l'intérêt des travailleuses, des travailleurs et des masses populaires du Burkina.


Ouagadougou, le 29 novembre 2006


Le congrès

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